Références Personnelles

- 10km : 39'36
- 15km : 1h01'35
- Semi Marathon : 1h28'55
- Marathon : 3h44'15

-------------------------
-------------------------


- VMA : 17,5km/h
- FcMax : 194
- FcRepos : 44

Training

 

Community Member

 

So what ?

Welcome

La course à pied, qu’on se le dise, c’est ce qui m’anime, me maintient à flot. N’ayons pas peur des mots, courir est pour moi une drogue. Quelques jours sans une sortie et je suis en manque, il me faut ma dose d’endorphine. Mais j’ai toujours été un compétiteur dans l’âme et ce même à mon modeste niveau. De fait, aller courir par mauvais temps, se motiver par flémardise aiguë, sortir après une journée de boulot éprouvante, nécessite un challenge, un objectif sans lesquels, à la question : « mais pourquoi tu cours ? », il m’est bien difficile de répondre.

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 20:26

Ce dimanche se courait les 5ème foulées de Villeneuve la Garenne.

Autant dire, une course à domicile, dans le parc où j'ai mes habitudes... C'est un peu par hasard que j'ai appris que se déroulait une course à quelque pas de chez moi. Je n'avais pas pu y prendre part l'année dernière, mais cette année, la date figurait en bonne place dans mon agenda.

 

C'est aussi un peu en touriste que je m'y suis rendu. Cela va bientôt faire 3 semaines que je n'ai pas rechaussé les running pour une séance, une sortie un peu sérieuse. Par manque d'envie tout simplement. Et puis, ce petit break m'a permis de renouer avec les bons petits plats. Sans trop de repères et donc sans aucun objectif sinon de me marrer un bon coup, je me rends au parc des chanteraines, un peu à la bourre... et pourtant, je ne suis qu'à 5mn de la ligne de départ.

 






Je suis amusé de découvrir mon terrain d'entraînement sous de nouveaux jours, enchanté de rencontrer les nombreux joggeurs que j'ai l'habitude de croiser lors des mes sorties dominicales. Ces habitués du dimanche avec qui j'avais, jusque là échangé par un simple mouvement de tête, signe de la main, et pour les plus à l'aise, un "bonjour".

 

Plusieurs épreuves sont prévues, 5km, course enfant... Sur le 10km, nous ne sommes qu'une grosse centaine (121 pour être précis). Pas grand monde, c'est assez intime comme réunion, certains en pourtant l'air d'avoir fait un déplacement. C'est ainsi que j'aperçois Sedef, un membre apprécié du site CAP.net. Après avoir rempli les formalités d'usage, inscription, dossard... itou... je retrouve mes acolytes d'un jour. Alors que nous devisons, le speaker, qui n'est autre que le président du club de Villeneuve, tiens va falloir qu'on cause à ce sujet d'ailleurs, nous annonce la présence d'un international marocain, détenteur d'un record personnel en 28'50... la meilleure marque locale ayant été réalisée l'année dernière en 31' et des poussières... bon, charmant tout cela. Au détour d'une conversation, j'apprends que l'un des joyeux lurons que j'avais l'habitude de voir en peine chaque dimanche à bouclé le 5km en 17'36 et que ma foi, sur le 10km, compte y aller molo, disons 37' ou 38'.... à droite, on m'annonce un 1h24', temps de passage au semi sur marathon'...

 

Allez, si j'ai bien compris, on est pas nombreux, mais çà va pas traîner en route.... moi qui arpentait fièrement les rues de mon quartier en ma qualité de runner, j'en viens à me faire tout petit sur la ligne de départ, ya trop de gens que je connais et qui vont s'apercevoir de la supercherie.... ;-)

 

par grappe entière nous rejoignons le point de départ. Moment assez folklorique car les officiels tardent à s'accorder entre eux pour savoir où est ce point de départ... mesurage FFA vous m'avez dit ? Le parcours, va nous emmener sur 4 boucles. Un tourni coti confiné sur la plus petite partie du parc. Pourquoi ce choix, alors qu'il y a tout un autre pan du parc qui peut donner lieu à un joli décors. Certes, le parcours serait plus sélectif mais bon...

 

Je trottine sur mes premiers pas... pas nombreux, mais bouchons habituels, normal nous sommes sur une petite piste assez étroite. En ma qualité de touriste, je n'ai absolument pas respecté le protocole de préparation habituel. J’arrive au parc directement en short et t-shirt, sans épingle à nourrisse, sans même m'échauffer avant le départ ou à peine et sans même prendre la peine de vérifier le laçage des mes running. Et ce qui devait arriver arriva. Au bout de 200M, je sens ma chaussure fuyante, je sais que çà ne va pas tenir, j'hésite à m'arrêter tout de suite, l'allure est confortable, je dois osciller entre 4'10 et 4'15 au kilo. C'est finalement au bout de 3 bornes que je suis contraint à l'arrêt. Stupeur générale des quelques badauds qui entourent le chemin. Double laçage, contrôle de rétro, je déboîte et repart. Le groupe dans lequel je me situais s'en est allé, les 2 premières féminines me sont passé devant... le groupe que j'intègre est assez cool, voire un peu trop, je reprends ma marche, m'en échappe et me retrouve seul. arrrgh, je ne suis pas venu pour me taper une course à chasse patate. Je décide donc d'envoyer sur une borne, juste le temps de rattraper le candidat qui me précède.... c'est ensemble que nous allons parcourir les quelques bonnes restantes. Le chassé croisé qui s'est installé au fil des boucles est assez amusant. Devant, deux flèches se démènent. Je distingue le bonnet jaune de l'international marocain. Un peu plus loin, à la queue leleu, les poursuivants. Je salue mes acolytes, ceux qui me précèdent, et ceux que je devance. Avec un marathon dans les pattes, c'est fou ce qu'un 10 bornes peut passer vite. Quand arrivent les derniers hectomètres, je me laisse aller. Encore plus qu'avant. Je me sais parfaitement être davantage en allure semi, qu'à bloc sur un 10km. Le chrono officiel m'indique 42'15. Sympas... assez surprenant, mais sympas.

 

 

Il y a tout juste un an, j'aurai signé immédiatement pour un chrono pareil, aujourd'hui je sais que je peux faire mieux... l'envie est revenu et avec lui la motivation. Vivement la saison prochaine !


Par Krylin - Publié dans : Compétition
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 20:05

 

A lire "My Coach" by Adidas

 

Contacté régulièrement pour tester différents produits, je n'ai pas boudé mon plaisir suite à l'invitation de Chloé. L'objet en question : MiCoach, le nouveau produit Adidas, en droite concurrence avec le système Nike +...

 

Après avoir échangé sur les modalités et les conditions de test, je prends rendez vous ce 31 octobre pour un test grandeur nature.

Direction Porte d'Auteuil, Rolland Garros, dans la loge Adidas. J'ai la surprise d'y retrouver 2 acolytes, Moulay... auteur récemment d'un brillant marathon à Munich et Olivier, marathon man, qui émerge à peine du dernier marathon de reims. Nous prenons mutuellement de nos nouvelles, viennoiseries à la main.... mais très vite nous nous recentrons sur le sujet du jour. Mi Coach. Chloé nous le présente, très vite relayée par le chef produit. Nous sommes invités à prendre place dans un auditorium improvisé, mais fonctionnel.

 


Mi Coach :


MiCoach est un système d’entraînement complet qui permet de suivre une programme personnalisé, mais aussi d’être guidé et conseillé tout au long de son entraînement. Oui, des encouragements vive voix.


Analysez vos progrès sur internet
Le capteur de foulée contenu dans le système MiCoach vous aidera à connaître votre vitesse ainsi que la distance parcourue alors que le cardiofréquencemètre enregistrera évidemment votre rythme cardiaque.

Design

Le chef produit, dont j'ai oublié le prénom, qu'il m'en excuse (pourtant j'adorerai faire son job !) nous présente notre sujet du jour, composé de 3 éléments : le pacer, le cardiofréquencemètre, le capteur de foulées (l'accéléromètre). 3 éléments certes, mais le tout n'a pas l'air encombrant. Encore mieux, le boitier est léger, sobre et peut se plugger à n'importe quel MP3. L'accéléromètre lui est de fort bel aspect. Orné du logo Adidas, il peu discrètement et élégamment prendre place sur le laçage des running. le troisième élément ? la ceinture cardio. Personnellement, j'ai n'ai jamais eu de soucis concernant les ceintures cardio, mais certains, certaines, ne supportent pas. Afin d'améliorer le confort, Adidas a mis au point une ceinture textile. Déjà qu'en temps normal, je ne suis pas dérangé, mais alors là, je suis arrivé à complètement l'oublier. Pour celles qui rechigneraient encore à se ceinturer... des textiles sur lesquelles peuvent se capsuler le link sont développés.... aucunes excuses...

 


Fonctionnalité

L'ergonomie de l'ensemble du système ne s'arrête pas là, le principe fonctionnel est simple : un coach vocal qui est censé nous guider pendant l'effort. Les conseils fournis se basant sur 2 éléments : la fréquence cardiaque (à partir du link présenté ci-dessus) et le programme initialement choisi. Quoi, quel programme ?

 

Direction http://www.micoach.com/ C'est sur cette plateforme interactive que le concept Mi coach prend tout son sens. Tout comme en disposent les nombreux joujoux technologiques que sont les Garmin 405, polar 800Cx.. , Mi Coach dispose de son programme d'analyse en version plus simplifiée, plus intuitive et surtout plus ludique. Autant le préciser, miCoach s'adresse davantage aux coureurs occasionnels à régulier, qu'aux compétiteurs chevronnés. Pour ces derniers, la VMA, les tempos à la seconde près, les fractionnés, doivent pouvoir être millimétrés puis disséqués à la loupe. Pour ce faire, un paramétrage est nécessaire, cela demande une expression de besoin auprès de la MOA ou plus sérieusement, quelques temps studieux passés à déchiffrer le manuel utilisateur, ou pour les plus aventureux, quelques aller retour sur les différents écrans. Pour les autres, ceux désireux de courir, pour le simple plaisir de courir, que ce soit pour des raisons de santé, de bien être ou d'évasion mais un peu perdus sur le comment courir au début, ou comment faire le tour du parc plus vite, maintenant que je parviens à en faire le tour... Mi Coach est là.



 

Plusieurs approches sont possibles sur le site (santé, plaisir), après avoir sélectionné son profil et affiné quelques éléments basiques (FCmax, par exemple), et encore tout dépend de l'appétence à la performance du dit "user", plusieurs programmes sont à disposition. Concrètement, vous devrez au préalable établir son programme d’entraînement sur le site. A la fin de votre course, il suffira de télécharger les données enregistrées par MiCoach pendant la séance, afin de découvrir et contempler vos progrès.

 

Mais la réelle valeur ajoutée de MiCoach, enfin à mon sens, est que l'on est davantage sur une prestation de service que sur une prestation produit. J'en veux pour preuve la simplicité du système, sans fioritures, sans Ipod à acheter absolument, sans marchandising... euh quoi que la déclinaison textile... bon passons.

 

Je le disais, le site MiCoach.com laisse la porte ouverte à la personnalisation certes, mais surtout à de multiples améliorations. On est clairement sur une base évolutive. Aujourd'hui, on a biensur le choix entre plusieurs programmes, plusieurs types d'entraînement, mais il serait aussi possible de choisir différent type de voix, d'avoir différents type de commentaire, d'encouragement... bref.

 













Sur la route

Pour ma part, j'ai choisi quelques 20mn de footing. rien de bien existant... çà reste du footing, mais j'ai ma petite idée en tête. Sur le chemin qui nous mène au bois de Boulogne, çà papote, l'ambiance est agréable, chacun fini de faire connaissance. Une fois sur site, petite démonstration. Peu de boutons à manipuler, pas d'écran à consulter. Il suffit d'activer le boitier, de sélectionner son programme et en avant marche, enfin, on court quoi...

 

Zone bleue pour commencer, temps de chauffe... MiCoach fonctionne par zone d'effort, en fait ce sont des plages de zones cardiaques conventionnelles (que l'on peut adapter). Exemple zone verte pour 75% de Fcm ou zone rouge pour 95% et plus... Une voix métallique m'indique que je vais trop vite, je dois ralentir pour rester en zone bleue, ce n'est que de l'échauffement. Je m'exécute. Une fois revenue en zone normalisée, la voix, qui ne s'est pas améliorée, me valide le tempo.... les 5mn sont passé. Je dois passé à la zone verte, c'est ce que m'indique la dame... j'y suis j'y reste. tiens... elle ne parle le plus.. au moins ce n'est pas perturbant, mais on se sent un peu seul... quoi que, je me dis que l'ors d'une sortie musicale, ne pas être interrompus toutes les 30 secondes n'est pas plus mal.... j'active le boitier histoire de... une simple pression. pas de risque de l'effleurer par erreur, il faut appuyer fermement. là sous mon initiative, j'ai droit à un récapitulatif de mes données (fréquence cardiaque, temps d'effort, parcours). on peut avoir plus, mais bon, avoir une liste à la Prévert, c'est assez saoulant à la fin. Point de vue distance, je trouve l'engin, l'accéloromètre assez précis. En fait, je l'ai back testé avec mon garmin, que je sais lui être très précis. Je suis assez bluffé, j'étais resté sur une mauvaise impression sur le 625X de chez polar avec son accéléromètre trop approximatif à mon goût. Zone jaune. on s'active un peu, je choisi délibérément de varier les allures, je veux l'entendre chanter.... et de suite la dame se fait beaucoup plus présente, beaucoup plus réactive. je vais trop vite, trop vite, vaut mieux qu'elle intervienne d'ailleurs, car laisser aller à la dérive ne permettra pas de revenir. là je me dis qu'en terme d'update, çà serait pas mal d'inclure des petits commentaire perso "oh, très trop vite mon gars, ralenti un peu histoire de voir la ligne d'arrivée ou encore oh faignasse, ta fini ta promenade... va falloir commencer à courir là...

 

En parlant de ligne d'arrivée. Je me dis que pour ceux qui cours au cardio, cet outil peut être fort util en course. Parfait pour respecter les zones d'allure et ne pas se laisser entraîner, émulation oblige.



 

Au final, j'en suis revenu assez surpris. En fait, j'étais un peu dubitatif sur l'engin. Mais il trouve sa place, est fonctionnel et facile d'accès.

 

Coté prix ?

ma fois, Adidas sur ce coup ne pousse pas à la dépense... disons 120€ l'engin. le prix moyen d'une bonne paire de running. Un joli cadeau à faire ou à se faire pour qui veut soit s'y mettre ou progresser sans se préoccuper des sombres histoires de vma, de récup' à la pince, d'allure spécifique ou encore se perdre dans les méandres des multiples conseils et plans qui marchent pour l'un mais pas nécessairement à coût sur pour l'autre.

 

Le lendemain, je pars pour une sortie effective, je souhaite prolonger le test. Peine perdue, ma chère et tendre est scotchée devant le PC, m'indique vouloir partir pour 30mn histoire de se bouger avec maintenant quelqu'un qui lui donnera, de façon objective, la bonne allure à laquelle courir. Me reste plus maintenant qu'à lui offrir le sweet qui lui sierra bien..

 

She'll never run alone.

Comme promis, voici une petite vidéo du test MiCoach :

http://www.dailymotion.com/video/xb1aaz_micoachfrav2_sport

http://www.dailymotion.com/video/xb0wpz_adidas-1_sport

http://www.dailymotion.com/video/xb1zyu_adidasmicoachv4test




 

 

Par Krylin - Publié dans : Equipement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 18:21





J-3

Le doute m'habite. La préparation dans son ensemble a été plutôt bonne, riche d'enseignements. Seulement voilà, la dernière séance a été catastrophique, la faute à un rhume et à un début de régime dissocié mal maîtrisé. Et ce n'est pas la piqûre de rappel du jeudi (20mn de footing lent + 5' à allure marathon) qui m'a rassuré. Le soir même, je prépare mon packtage. Tout en pointant ma check list, mon esprit vagabonde... Je suis pris de tiraillement : suis-je assez bien préparé ? En ais-je assez fais, trop fais ? Est-ce que je ne vise pas encore trop haut, trop vite ? Attention à ne pas répéter les mêmes erreurs qu'à Paris... En bout de check list, ma feuille de route, mes temps de passage, affinés tout au long de la préparation. Les sensations, la forme, la Fc me confortaient en ce sens, mais là, d'un coup, à les relire, je suis pris de vertige...

 

J-2

Cette dernière semaine aura été studieuse. 9 semaines de préparation et non 8 afin de me dégager une semaine supplémentaire d'assimilation et de repos. C’est une des leçons que j'ai tiré de ma mésaventure parisienne. Coté alimentation, c'est du pareil au même. J'ai stoppé net mon expérimentation et repris une alimentation équilibrée, en privilégiant légume et viande blanche. Le tout complété dès le jeudi par l'orgie glucidique sous toute ses formes, notamment avec le fameux Malto. J'ai fais des pâtes complètes mon encas favori. Difficile de ne pas attirer l'attention au bureau quand vers 10h vient la pause cafet' et que moi... je sors ma petite boite de pâtes et la pomme qui va avec... Le midi, ce n'est pas mieux, mais je suis cette fois entouré de camarades beaucoup plus chevronnés et couronnés que moi. L'un centbornard, l'autre triathlète (iron man), quand ce n'est pas le cycliste ou l'esthète en aïkido. çà blague, çà chambre. j'en veux encore le regard compréhensif de ma collègue qui a récemment couru la parisienne et qui me scrute d'un air inquiétant. Me souhaitant bonne course, bonne chance, je sais aussi qu'ils m'attendent au tournant. Environ 3 litres par jour, la fréquence de mes visites aux toilettes est largement supérieure à celle de ma femme, pourtant enceinte de notre second enfant. Elle et mon fils m'attendent à la gare. J’arrive d'un pas stressé, presque essoufflé, ah scheisse… Nous sautons dans le Thalys, direction Cologne. Warum Köln ?

 

J-1

Pas de surprise, j'ai mal dormis. Les veilles de course, j'ai du mal à trouver le sommeil et à la garder. Mais bon, durant les derniers jours, j'ai pris soin de veiller à la qualité de mon sommeil, j'ai fais l'impasse sur les soirées Champion's League, désolé les gars... programme du jour : étirements, visualisation, projection, puis direction le retrait des dossards. Déjà, en sortant de la gare, j'avais remarqué les indications pour le palais des expositions (Kölnmesse) et sa partie réservée au marathon expo (Marathonmesse). Non loin du parking, une navette nous dépose à deux pas de l'entrée. La ville semble s'être entièrement mobilisée pour son marathon. Jusqu'ici, la logistique a été plutôt bien gérée mais supplée aussi par madame, parfaitement bilingue, et sa soeur qui elle après 30 ans d'exile en est arrivé au point de chercher ses mots en français. Je m'inquiète de tout, du dossard, du bloc de départ, du fonctionnement de la puce, bah, c'est ma première course à l'étranger.... Une fois le dossard récupéré, je pars en quête de Malto, ou de son équivalent. J'ai oublié ma bouteille dans le train. coup de panique... Pas loin de 2 heures à déambuler dans le palais. Ma belle soeur est curieuse de tout. Je lui fourni autant d'explications que possible. Elle se réjouit d'avance du spectacle de demain. Au sortir, elle nous propose d'aller se balader en ville. Je marque un temps d'arrêt, marcher, me fatiguer... je laisse mes réticences de coté et acquiesce de mouvement de la tête. Après tout, ce week-end est avant tout familial.

 

D-Day




La pluie que je craignais est tombée dans la nuit, vers 4h du matin. Des trompes d'eau se sont abattues sur la ville et ses environs. J’écoute le ruissellement des goûtes et l'effet du vent sur le feuillage avec sourire. Au moins, on va courir au sec. Malgré le sommeil, je ne dors pas ou plutôt, je ne dors plus. J'ai alterné entre phase d'éveil et phase dodo toute les heures, une sorte de fractionné… 6H, je me décide à me lever. Gâteau sport en main, je vérifie les derniers détails et me remémore les temps forts du jour, examine le parcours, la position des ravitaillements, les points de rdv avec la famille. Un dernier café et hop, direction "OttoPlatz", le lieu du départ.

Il est 8h41, le départ est à 11h30. C’est sous un crachin que nous prenons la direction de Cologne. A notre arrivée, les indications sont assez claires, place de parking gratuite, navette pour se rendre au village, puis petite marche pour rejoindre l'air de départ. Le fond de l'air est frais, 14° avec un vent qui me laisse un ressenti inférieur d'au moins 2°. Çà grouille de monde, çà va, çà vient, au point où l'on se demande si on est bien dans la bonne direction. Cologne est fière de son marathon, de son marathon au sens large... c'est une ville entière qui participe, une fête, il y en a pour tout le monde. Pléthore de manifestations (marathon relais, marathon des écoles, 10km, semi, roller et… le marathon). Il y a même un baby marathon pour lequel la virgule a été déplacée (4,2km).

10h20. l'ambiance est chaleureuse. La musique bat son plein. Çà contrebalance avec le ciel gris. A l'honneur, la course de roller, avec des départs par vague, un peu comme au Paris Versailles. L'aspect sympathique de ce marathon s'arrêtera là. Il me faudra attendre 11h avant de pouvoir intégrer mon sas, dans le froid avec des indications alambiquées sur la répartition par sas justement, écrit en tout petit sur le dossard. Les participants aux différentes épreuves sont répartis par code couleur, pour le marathon, c'est bleu. En course, pas de meneur d'allure, pas de distinction claire pour repérer les catégories de coureur et donc, pour les spectateurs, d'anticiper le passage de l'ami(e), du frère, de la sœur, du mari, de l’épouse... Dans mon sas, trouvé presque par hasard, la place est vide. Avec mes habitudes francilienne, je me suis déjà placé 1/2 heure avant le coup de feu, mais c'est désert. Le sas ne se garnira que 5mn avant le départ. Pourtant, nous sommes un peu plus de 8000 participants. Du coup, j'ai tout le loisir de m'échauffer, correctement. Et ce n'est pas du luxe vu la température (ressentie). J’ai beau avoir 2 vieux t-shirt + 1 pancho made in france, j'ai froid, limite je grelotte. A 5mn du départ, j'ai encore le temps de régler les derniers détails : lacets, pommade chauffante, Immodium au cas où... vidange. Les toilettes sont assez nombreuses situées le long de la zone de départ. Très pratique, peu d'attente, mais çà ne suffira pas... les sensations sont bonnes, un peu froid, un peu de vent, mais je me dis que çà devrait aller. J'appréhende, je me rassure comme je peux, me raccroche à quoi mieux mieux et je me dis que çà devrait aller. « Allez mon gars, tu as bossé, récemment fait 1h28’ sur semi, tu as choisi la prudence, çà devrait aller… » Quelques minutes auparavant, j’ai pu échanger avec quelques coureurs, les plaisanteries allaient bon train, mais là, plus personne ne parle… ce que c’est stressant...

 

Pan !
C'est parti, mes premières foulées sont hésitantes, je rechigne à me lancer... çà ne frotte pas trop, quelques ralentissements mais çà se délaye très vite. Au bout de 500 mètres, chacun à trouvé sa place. La traversée du Rhin par le "Deutzer Brücke" fini de faire le tri (bah, fô le monter ce pont...). Ma stratégie est claire : début de course prudente. j'envisage de rester cool sur les 10 premiers km puis, le cas échéant, selon les sensations, d'embrayer et d'adopter mon allure marathon, celle durement travaillée à l'entraînement : 4'45/kilo pour un chrono final espéré aux alentours de 3h25. Pour ce premier kilo, ce sera 4'50... Mouais, pas terrible comme entame de course. Méfiance, méfiance... je suis parti 10 secondes plus vite que prévu, je décide de relâcher, mais les jambes en décident autrement...

 

km5 : 24'08
Malgré ma vigilance, je prends très vite et presque naturellement mon rythme de croisière. J'oscille entre 4'45 et 4'48. J'en profite pour tailler la discute avec un hollandais, à mes cotés depuis le départ, l’un des nombreux voisins venu par courtoisie. Il m'avoue en être à son 14ème marathon. Il part pour 3h30 cette fois. Je luis dis alors qu'il est peu être en avance... à gauche, à droite, çà fuse. Tout se mélange, les enfants, les relayeurs, les imprudents... bon enfant au début, c'est forte différence d'allure sera très perturbante vers la fin... çà tournera même au n'importe quoi... Le public, très nombreux sur les 3 premiers km est maintenant un peu plus clairsemé. Nous poursuivons notre descente du Rhin en silence, déjà concentré sur la course. Moi, je suis bien, peu être un peu trop. Je sais que la course n'a pas encore commencé. Alors je me relâche, profite du moment présent, essai de ne pas me poser de questions, de ne plus me poser de questions...

 

km10 : 48'10
Poste de ravitaillement à l'approche, je déboîte, chope le gobelet de "wasser" qu'on me tend, et bien évidement en fou la moitié à terre... Ces ravitaillements par gobelet, je ne m'y fais toujours pas. Mais dans un pays écolo comme l'Allemagne, il fallait s'y attendre. Je peste tout de même, plus pour la forme qu'autre chose. Et puis il est bizarre ce ravito placé au km 8,5. Des comme çà, il y en aura une dizaine, répartis à des zones inhabituelles (km12,5, km16,5... km28... km39). Mais bon, le positionnement des ravitos ne sera pas leur point le plus surprenant... Un peu plus de 48 minutes d'effort. Je passe sur le tapis de contrôle en donnant un petit coup d'oeil à droite. Le groupe avec lequel je suis depuis quelques bornes semble marquer le pas. Devant moi, mon poisson pilote ne faiblit pas. Je suis dans les temps, personne à mes côtés. Le km10 est dans un endroit un peu perdu, peu de spectateurs. Je me sens bien, mais l'heure n'est pas à l'euphorie. 15 à 20 mètres me séparent de mon poisson pilote. Je décide d'en rester là, la course n'a pas encore commencé.

 

km20 : 1'36'02
Petit coucou à la famille au km 12, petit moment de fraîcheur comme s'il en était besoin. Les kilomètres défilent... toujours en ligne de mire, mon poisson pilote. Maillot bleu, ciglé Puma, foulée rasante, bras au mouvement de balancier appliqué, pas de doute il est bien. Nous avons visiblement la même allure, peut être pas le même objectif... Pour en avoir le coeur net, il me faudrait me joindre à lui, courir côte à côte... mais je ne peux me résoudre à combler ces 20 mètres. Je n'ai pas cette audace. Nous plongeons vers le km20 et la "Rudolf Platz", noire de monde, du bruit, du bruit, beaucoup de bruit. On ne s'entend même plus respirer. Un coup à se laisser facilement emporter, galvanisé par les encouragements... le plein d'adrénaline est fait.

Des arches ont été placées çà et là, mais ne correspondent à aucun passage stratégique... encore mieux, le contraste entre la foule et le néant du point névralgique (semi) sera encore plus saisissant. La ligne matérialisant les 21,100 mètres parcourus est au milieu de nul part, on y passe dans l'indifférence générale... c'est limite si on oubli pas de pointer le chrono (1h42' pour moi). Si jusqu'ici le parcours était plaisant, avec de belles portions roulantes et quelques faux plats montants qui ne veulent pas dire leur nom... j'ai la désagréable impression que nous allons maintenant déchanter. Direction les quartiers nord de la ville, gris comme le temps. Ma bonne humeur en prend un coup. Passage à la mi-course, toujours dans le bon tempo. Je ne vois plus mon poisson pilote, il a filé. Nous n'avions donc pas le même objectif. Le décompte peut commencer, je me sens bien. Je me sens capable de réaliser ces 3h25, voire un chouille en dessous. Mais pas de prise de risque inconsidérée, je choisi donc de gérer sur les 10km suivants. Si je suis encore bien au km30, il sera encore temps de voir. Après tout, la course n'a pas encore commencé.

 

Hansaring
Ce passage escarpé donne lieu a un chassé croisé, je n’y suis pas arrivé assez tôt pour croiser l’élite masculine, mais c’est admiratif que je regarde passer la première féminine. Elle en est à son 36ème km. Moi je suis planté au km25. Plié en deux par une douleur aussi soudaine que sournoise. Pas plus tard qu’au km24, j’avais eu le temps de claquer la pince de mon fils, en guise d’encouragement, lui (18 mois) m’a vociféré un truc que j’ai interprété comme un « allez papa ». Je me sentais alors encore bien, puis dans la descente, passage sous un pont, qui mène vers hansaring, elle est entrée en jeu,  Sournoise et extrêmement virulente. Sournoise car elle m’a d’abord frappé par deux fois sans conséquences. Cette douleur au bas ventre m’a fait stopper net toute forme de course. Je pose pied à terre, reprends ma respiration, cherche à comprendre ce qu’il se passe. La douleur s’estompe… je repars tant bien que mal, retrouve mon allure d’en temps et me dis que ce n’était là qu’un simple avertissement sans frais. Bientôt le ravito du km26, un peu d’eau, ou du thé (si, si, du thé…) et puis je vais me reprendre deux cachets de cet Immodium, mon sauve conduit.

Sournoise, car ce répit accordé n’était que pour mieux se jouer de moi. Seconde attaque 3 minutes plus tard seulement après ma reprise. Cette fois, j’ai un genou au sol, çà ne va pas du tout… je n’ai mal qu’au ventre, une douleur gastrique comme j’en ai rarement eu… impossible de me lever. Je suis contraint d’attendre, attendre que çà passe. Au bout de 4 ou 5 minutes, je me remets à marcher, doucement, puis à courir, doucement… un coup d’œil au chrono…pfff… bon allez, je me relance… enfin, je voulais... La douleur ne me quitte pas, elle insiste, se veut têtue. Je m’étais préparer à serrer les dents, là je vais devoir serrer les fesses… Pris d’un rire nerveux, j’ai une pensée pour Paula qui avait du s’arrêter en plein marathon de Londres, face caméra, pour pisser. Moi, je vais devoir faire pire.. Heureusement, sans caméras.

 

Das Ziel

Mon calvaire va durer 12km. 12km entrecoupés de multiples arrêts. Appelons les « pauses techniques » où à chaque fois, je ne sais pas quand je pourrai repartir. Au passage du km30, je souri de déception (2h34’). Je sais à cet instant que ma course ne commencera jamais. J’ai un paquet d’autre chose à gérer… entre chaque coupure, je suis en footing (environ 11km/h). Je tente de garder un semblant d’allure de course, mais après avoir saluer ma famille (km36), non sans leur dissimiler mes troubles du moment (inutile de les inquiéter outre mesure), je n’ai plus aucune raison de lutter. D’ailleurs pour quoi ? Je me fais une raison. La douleur semble m’avoir oublié. L’immodium a fait son effet. J’arrive enfin à boucler un km sans devoir m’arrêter.

 

A partir de là, la messe étant dite, toute forme de motivation m’ayant quitté, je m’arrête à chaque ravito, me jette même sur du coca, curieusement disponible aux postes de ravitaillements. Mais pour le coup, cela s’y prêtait bien.  J’oscille entre 9 et 10km/h, je me rentre tranquillement. Je n’ai pas envie de forcer. D’autant plus que l’autre, en cas d’un nouvel effort doit m’attendre au coin du bois… je profite donc des derniers km. De retour vers la « Friese Platz », l’ambiance devient terrible, pareille à une étape de montagne sur le tour de France. Je suis encouragé de toute part… je claque dans les mains des minots, participe à la holà qui accompagne chacun des passants…

 

Le 39ème kilomètre est pénible. Un long secteur pavé. Là, j’en ai plein les pattes… on repasse devant la cathédrale, là même ou nous sommes arrivé par le train. D’un seul coup, je me souviens que nous avons encore le Rhin à franchir et sa montée. Déjà que je n’allais pas vite, je ralenti encore… je m’associe à un coureur qui a l’air rincé, nous encourageons les âmes perdues devenues marcheurs malgré eux. Le dernier kilo est un pur bonheur. Je regarde les spectateurs jonchés en masse derrière les barrières. Une foule qui acclame tous les finisher. Je file vers la ligne. Le chrono officiel s’approche des 4h… autour de moi çà sprinte… à ce moment, je me dis que c’est bien la dernière fois qu’on m’y prend. Il faute croire que je ne suis pas fait pour cette distance.




 

Epilogue

Quelques minutes après mon arrivée, je frissonne de nouveau. Je suis pris en sympathie par des coureurs qui me réchauffent. Je me traîne dans le corridor riche en ravitaillements et campe devant le stand de soupe chaude. Je m’accorde tout de même une bonne choppe de bière et trinque à volonté avec qui veut bien. Le retour se veut un peu plus désordonné. C’est la cohue pour retrouver les siens. Le bordel pour rendre la puce. Fort heureusement, je n’ai pas eu à attendre la navette, en nombre et fréquence suffisant. Ma belle sœur est un peu surprise de me voir aussi peu marqué. Je lui dis avoir pourtant tout lâché en route…. Une private joke qui m’a bien faire sourire même si dans le fond, je suis amer. Au final, je passe la ligne en 3h52 avec une impression de gâchis. Je n’ai pas pu m’exprimer. Je me retrouve dans la peau du coureur de 110m haie qui se serait pris la 8ème haie dans les dents, ou encore dans celle du pilote qui se fait sortir de la piste malencontreusement. Çà ou la blessure, c’est la même chose. Aujourd’hui encore, je ne m’explique pas ce qui a pu provoquer une telle fureur, mais à quoi bon…

 

Es ist schade ! danke trotzdem

 



Par Krylin - Publié dans : Marathon
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés