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La course à pied, qu’on se le dise, c’est ce qui m’anime, me maintient à flot. N’ayons pas peur des mots, courir est pour moi une drogue. Quelques jours sans une sortie et je suis en manque, il me faut ma dose d’endorphine. Mais j’ai toujours été un compétiteur dans l’âme et ce même à mon modeste niveau. De fait, aller courir par mauvais temps, se motiver par flémardise aiguë, sortir après une journée de boulot éprouvante, nécessite un challenge, un objectif sans lesquels, à la question : « mais pourquoi tu cours ? », il m’est bien difficile de répondre.

Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 10:41



Par pur plaisir, je m'en suis allé à ce semi marathon. Je me suis un peu forcé tout de même. Au levé, je n'étais pas très motivé, mais bon étant déjà inscrit, je me devais de faire acte de présence. En fait d'acte de présence, je m'étais surtout engagé auprès de Palmito (Moulay), pour l'accompagner dans sa tentative de record personnel.

 

La tête un peu enfarinée, je sors du métro en cherchant mon chemin, les coureurs que je croise me plongent dans l'atmosphère si particulière de la course à pied. Petits à petits, l'envie se fait présente. Après avoir salué quelques compagnons CLM, je récupère mon Moulay, légèrement stressé. Non pas par la course, même si la perspective de battre son record lui tient à coeur, mais par une tout autre perspective, bien plus importante, celle de devenir papa, incessamment sous peu.

 

Les formalités d'usage étant remplies, nous nous rendons nonchalamment sur la ligne de départ accompagné de Florent. A l'annonce de nos ambitions, le challenge lui a également plut. Résultat, nous serons trois à viser 1h37'. Moulay dont le record pointe à 1h39' signerait tout de suite pour ce chrono. Florent, avec ce tempo, améliorerait aussi sa meilleure marque qui est d'1h38'. J'annonce donc le rythme : entre 4'30 et 4'35 au kilo selon les sensations. Mes deux gars ont l'air confiants, surtout Florent que je sens bien concentré.

 

Et le coup de feu retentit, les 4 600 peuvent s'élancer... enfin pas tout de suite, çà frotte un peu... jusqu'aux quais, il faut zigzaguer. Ce semi marathon est vraiment très intéressant, bien organisé, assez réputé. Son seul défaut : son parcours, enfin plutôt, l'environnement dans lequel s'intègre le parcours qui lui, est relativement roulant, si ce n'est quelques bosses provoquées par les ponts et tunnels. Oui, Boulogne, c'est pas très joli, joli, mais bon... ici on y vient pas pour l'aspect touristique. Et çà plait, la preuve, l'organisation a de nouveau fait le plein. Moi, je sais que ce rendez vous a une bonne place dans mon calendrier course.

 

Mais bon, aujourd'hui encore, j'avoue être en mode touriste. Je n'ai toujours pas repris l'entraînement, je cours sur mes acquis, et pour l'instant çà va. Nous passons au km10 en 46', bien dans l'allure. Florent est à mes cotés, il a l'air bien. Moulay est un peu plus loin, il coince un peu. J’hésite à l'attendre. De sa propre invective, il n'a pas voulu que l'on baisse le ton... nous oscillons comme prévu entre 4'30 et 4'35 au kilo.

 

Le bal du chassé croisé nous a permis d'apercevoir la horde africaine. C'est marrant, vu comme çà, ils n'ont pas l'air d'aller vite, ils sont tous bien à l'aise, faciles, et pourtant çà file à près de 20km/h... 3'00 au kilo... et le trou d'air qui les suit ne laisse place à aucun doute, l'allure est vive. Les poursuivants eux sont à la peine, le visage marqué, des petits paquets clairsemés de 2, 3 coureurs, se battent contre eux même, contre le temps, s'épaulant l'un l'autre, jusqu'à l’approche de la ligne libératrice, où pour se départager, des attaques, des sprints, vont se succéder. Puis viennent, les meneurs d'allures du team Renault, entourés de quelques éléments : 1h20... 1h25 (hummm...)....1h30 (ah, en temps normal ?)

 

Je reprends un peu mes esprits et reviens dans la course, les jambes commencent à se faire lourdes, le manque d'entraînement se fait sentir. Nous approchons du km15, j'avais dit à Florent de contenir l'allure jusqu'au 2/3 du parcours et qu'après, selon les sensations, nous pourrions accélérer. Nous sommes sur les bases d'1h37, derrière je ne vois plus Moulay. J'espère qu'il tient bon. Peu à peu, nous accélérons, rattrapons par grappe des coureurs et coureuses qui se sont aventurés un peu trop vite dans leur entreprise... Certains sont vraiment au plus mal, nous les dépassons sans nous attarder. Je laisse Florent mener le train, d'un signe de la tête je lui ai indiqué qu'on pouvait y aller. Bon, je dois avouer que si j'avais été seul, j'aurais opté pour le relâchement, au grand soulagement de mes cuisses. Je me sens un peu juste au niveau de la respiration... on est passé de 13 à 14km/h... la Fc met un peu plus de temps qu'il n'en faudrait pour se caler à la nouvelle allure.... au km19, c'est chose faite, je déboîte et harangue Florent, qui visiblement en a encore sous la semelle.

 

C'est le moment d'envoyer. Sur le dernier kilomètre, ce sont des dizaines de coureurs qui voient débouler deux morts de faim, on accélère toujours, on est haut dans les tours, le turbo gronde, plus que 400M, je passe la sixième. Et oh, que çà fait du bien.... les sensations sont bonnes, je prends un pied pas possible... même si mes jambes et mon coeur me demandent, en chœur, d'arrêter les frais... Je passe la ligne en 1h36', quelques secondes plus tard, Florent en fait de même. Et hop, voilà une bonne chose de faite. J'ai tout juste le temps de le féliciter, que Moulay nous rejoint, un peu déçu... mais 1h39 à la clé… meilleur temps sur semi pour quelques secondes. Mais avec 5 marathons dans les pattes cette année, il est normal que le corps grimace un peu.

 

Et voilà une bonne chose de faite, 1h36' dans ces conditions, c'est assez encourageant.

Reprise de l'entraînement ce mardi...

 

Par Krylin - Publié dans : Compétition
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